22 juillet 202627 min

Assurance de personnes au québec (vie, invalidité, maladie) : guide complet

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Assurance de personnes au Québec (vie, invalidité, maladie) : guide complet

La plupart des gens assurent leur maison et leur voiture sans hésiter, mais laissent leur bien le plus précieux à découvert : leur capacité à gagner un revenu. C'est précisément le genre de risque couvert par l'assurance de personnes, qui regroupe l'assurance vie, invalidité, maladies graves, soins de longue durée et médicaments.

Au Québec, ces régimes d'assurance privés se superposent aux régimes publics (RAMQ, RRQ, CNESST, SAAQ) et permettent de couvrir ce que l'État laisse de côté.

Ce guide vous explique chaque produit, ce que couvrent déjà les régimes publics, comment évaluer vos besoins réels et comment éviter les pièges au moment de magasiner.

En bref

  • L'assurance de personnes protège la vie, la santé et le revenu. Elle englobe l'assurance vie, invalidité, maladies graves, soins de longue durée et médicaments.
  • Au Québec, elle vient compléter les régimes publics (RAMQ, RRQ, CNESST, SAAQ). Son rôle est de combler ce que l'État ne couvre pas.
  • Les trois protections clés sont l'assurance vie (indemnité aux proches au décès), l'assurance invalidité (remplace 60 à 85 % du revenu si vous ne pouvez plus travailler) et l'assurance maladies graves (montant forfaitaire au diagnostic).
  • Les assurances collective et individuelle sont complémentaires. Vérifiez toujours vos couvertures existantes avant de souscrire un nouveau produit.
  • Un courtier en assurances peut vous aider à trouver le bon produit pour votre situation.

L’assurance de personnes, c’est quoi ?

L'assurance de personnes désigne l'ensemble des produits d'assurance dont l’objet est la vie, la santé ou l’intégrité physique d’un individu. Elle englobe plus spécifiquement l’assurance vie, l’assurance invalidité (aussi appelée assurance salaire) et l’assurance maladie, qui inclut l'assurance médicaments, l'assurance maladies graves et l'assurance soins de longue durée. 

Contrairement à l'assurance auto ou habitation, qui protège vos biens, l'assurance de personnes protège votre capacité à vivre, à travailler et à générer un revenu.

Assurance individuelle ou assurance collective

L'assurance de personnes peut être souscrite sous deux formes : individuelle ou collective.

Une assurance collective est offerte par un employeur à ses salariés, qui en finance une partie. Selon le contrat, elle peut couvrir l'ensemble des produits d'assurance de personnes, quelques types de protections ou seulement l'assurance maladie.

Bénéficier d’un contrat d’assurance collectif est un avantage précieux, mais il comporte aussi des limites importantes. D'abord, la couverture cesse généralement lorsque vous quittez votre emploi (changement d'employeur, chômage, retraite), parfois au moment où votre âge ou votre état de santé rendent une nouvelle police plus chère. 

De plus, un contrat collectif n'est pas adapté aux besoins spécifiques de chaque employé.

Souscrire une assurance individuelle permet de combler les lacunes de l'assurance collective :

  • Elle complète les garanties offertes par le régime de l'employeur ;
  • Vous la choisissez en fonction de vos besoins réels ;
  • Vous la conservez peu importe votre situation d'emploi.

Ces deux régimes sont complémentaires, mais l'assurance individuelle peut très bien exister seule. Si vous n'avez pas de couverture collective, elle constitue votre protection principale. 

Assurance de personne : plusieurs produits disponibles

Les notions clés à connaitre avant de souscrire

Voici quelques termes et concepts qu'on retrouve dans presque tous les contrats. Ils méritent d'être compris et bien maîtrisés avant de vous engager.

Êtes-vous assurable?

Avant d'accepter de vous couvrir, l'assureur évalue votre niveau d'assurabilité, c'est-à-dire le risque que vous représentez. Pour l'établir, il évalue plusieurs critères, dont :

  • Votre âge ;
  • Votre état de santé ;
  • Vos antécédents médicaux et familiaux ;
  • Votre profession ;
  • Vos habitudes de vie (tabagisme, consommation d'alcool, activités à risque).

Ces renseignements déterminent si l'assureur accepte de vous couvrir et à quel prix.

Chaque compagnie d'assurance a ses propres critères. Vous pourriez donc être jugé assurable par l'une, mais refusé par une autre. En cas de refus, n'hésitez donc pas à magasiner ailleurs.

Les personnes plus difficiles à assurer peuvent aussi se tourner vers des produits sans examen médical (à émission simplifiée ou garantie). Ils sont toutefois généralement plus coûteux ou assortis de couvertures réduites.

Le délai de carence

Le délai de carence est la période, à partir de la réalisation du risque, pendant laquelle l'assuré ne touche encore aucune prestation, même s'il est admissible. On le retrouve dans plusieurs produits d'assurance de personnes, dont l'assurance invalidité.

Selon le contrat, le délai de carence peut aller de quelques jours à plusieurs mois avant le premier versement.

Les exclusions au contrat

Les exclusions au contrat sont les clauses qui définissent les événements non couverts et libèrent l'assureur du versement de l'indemnité. On en trouve dans tous les produits d'assurance de personnes, et elles varient d'un assureur à l'autre. Par exemple :

  • En assurance invalidité, elles visent souvent le mal de dos, la dépression ou le surmenage professionnel.
  • En assurance maladies graves, seules les maladies inscrites au contrat sont couvertes et peuvent tout de même comporter des restrictions ;
  • En assurance vie, certaines causes de décès font l'objet de clauses particulières.

C'est souvent là que se cachent les mauvaises surprises. Lisez toujours attentivement la liste des exclusions avant de signer. En cas d'incertitude, demandez des précisions à votre courtier ou votre assureur.

Que couvrent les régimes publics au Québec?

Au Québec, plusieurs régimes publics vous protègent partiellement. Comprendre ce qu'ils couvrent, et surtout où ils s'arrêtent, est la meilleure façon d'éviter de payer en double ou de laisser de côté une protection importante.

Quatre grands régimes forment ce filet de sécurité public.

RégimeCe qu'il couvrePrincipales limites
RAMQ (Régie de l'assurance maladie du Québec)Les services médicaux et hospitaliers, ainsi qu'une couverture de base des médicamentsNe couvre pas les soins dentaires, la vue, la psychologie, le matériel médical ni la perte de revenu
RRQ (Régime de rentes du Québec, via Retraite Québec)Une rente d'invalidité si votre état est grave, permanent et vous empêche d'occuper tout emploiCritères très stricts, montant limité, réservé à ceux qui ont suffisamment cotisé
CNESST (Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail)La perte de revenu et les soins en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelleUniquement si l'événement est lié au travail
SAAQ (Société de l'assurance automobile du Québec)L'indemnisation en cas de blessure ou d'invalidité à la suite d'un accident de la routeUniquement pour les accidents automobiles

À cela s'ajoutent les prestations de maladie de l'assurance-emploi du fédéral, qui peuvent remplacer une partie du revenu pour une période limitée en cas de maladie ou de blessure, si vous y êtes admissible.

Ces régimes publics ont deux caractéristiques communes. D'abord, ils sont conditionnels à certaines situations spécifiques (travail, voiture, invalidité grave). De plus, ils ne remplacent qu'une partie du revenu, souvent bien en deçà de vos besoins réels.

C'est exactement là qu'intervient l'assurance de personnes privée : elle complète ce que le régime public ne couvre pas.

L’assurance vie

Quelles ressources laisseriez-vous à vos proches si vous décédiez demain? Et seraient-elles suffisantes pour maintenir leur niveau de vie?

Anticiper sa propre mort n'a rien d'agréable, mais c'est précisément ce qui peut éviter à vos proches d'affronter des difficultés financières en plein deuil. L'assurance vie est l'une des protections les plus efficaces pour assurer leur sécurité financière.

Un contrat d'assurance vie garantit le versement d'une indemnité à une ou plusieurs personnes que vous désignez comme bénéficiaires (conjoint, enfants, parents) en cas de décès. Avant d'obtenir une couverture, vous devrez généralement répondre à un questionnaire médical attestant de votre état de santé.

Les types d'assurance vie : temporaire ou permanente

Il existe deux grandes catégories d'assurance vie :

  • L’assurance temporaire, souscrite pour une durée déterminée ;
  • L’assurance permanente (entière ou universelle) qui couvre l’assuré jusqu’à son décès, sans limite de durée.

Voici leurs principales caractéristiques :

Type d'assuranceTemporaireEntièreUniverselle
DuréeLimitée (renouvelable ou transformable en permanente)Jusqu'au décès de l'assuréJusqu'au décès de l'assuré
CoûtPlus abordable (la prime augmente au renouvellement)Plus avantageux à long termeSupérieur, en vue d'un placement dans un fonds de capitalisation
ObjectifProtéger ses proches d'un fardeau financier limité dans le temps (prêt hypothécaire, dette d'entreprise)Couvrir les frais liés au décès et laisser un héritageCombiner assurance vie et épargne avec options de placement
Valeur de rachatAucuneOuiOui

La valeur de rachat correspond au montant que l'assureur vous verse si vous mettez fin au contrat. Vous pouvez encaisser la totalité en résiliant votre police, ou faire un rachat partiel pour la conserver.

Attention : un rachat partiel prend la forme d'un emprunt sur la valeur de rachat, à rembourser avec intérêts, sans quoi l'assureur peut mettre fin au contrat.

Bénéficiaire révocable ou irrévocable

Le bénéficiaire est la personne qui recevra l'indemnité à votre décès. Vous pouvez en désigner un seul ou plusieurs. Le statut que vous lui accordez détermine si vous gardez la liberté de le changer par la suite.

Un bénéficiaire révocable peut être modifié à tout moment, sans son accord. Il vous suffit d'aviser votre assureur par écrit pour faire le changement. Un bénéficiaire irrévocable, à l'inverse, ne peut plus être retiré ni remplacé sans son consentement écrit.

Comment évaluer vos besoins en assurance vie?

Pour déterminer l’assurance vie qui correspondra le mieux à vos besoins, évaluez d'abord votre situation :

  • Votre âge ;
  • Votre état de santé ;
  • Votre situation familiale ;
  • Vos dettes actuelles ;
  • Vos projets à court ou long terme (achat de maison, retraite) ;
  • La durée de protection souhaitée.

Guide des assurances de personnes: assurance vie ou assurance vie hypothécaire

Estimez ensuite les frais que votre famille devrait absorber à votre décès :

  • Les frais funéraires ;
  • Les dettes (hypothèque, prêt auto, cartes de crédit) ;
  • Les frais de subsistance, et la durée pendant laquelle ils devraient être compensés ;
  • Les études des enfants.

En règle générale, il est recommandé d'obtenir une couverture équivalant à 7 à 10 fois votre revenu annuel.

Pour éviter les faux pas, consultez aussi notre liste des 10 erreurs à éviter dans le choix de votre assurance vie.

Faut-il déclarer un changement d'état de santé?

La réponse dépend du moment où le changement survient.

Avant l'acceptation de votre demande, vous devez déclarer toute nouvelle information, comme le diagnostic d'une maladie grave. Sans quoi votre assurance ne pourra entrer en vigueur.

Après l'acceptation, vous n'avez pas à signaler une détérioration de votre santé. En revanche, une amélioration (l'arrêt du tabac, par exemple) peut faire baisser votre prime. C'est ce type de changement qui vaut la peine de signaler à votre assureur.

Versement de l'indemnité et cas particuliers

En cas de décès, l'assureur doit verser l'indemnité inscrite au contrat dans les 30 jours suivant la réception des pièces justificatives. Cette indemnité est généralement non imposable pour les bénéficiaires.

Certaines circonstances de décès sont toutefois encadrées par des règles particulières :

  • Homicide : les bénéficiaires reçoivent l'indemnité, à condition de n'avoir joué aucun rôle dans le décès.
  • Suicide : l'assureur peut refuser le versement uniquement si le décès survient moins de deux ans après la signature du contrat, à condition que cette clause y soit précisée.
  • Disparition : une personne disparue est présumée vivante jusqu'à sept ans après sa disparition. L'indemnité n'est versée que sur présentation du jugement déclaratif de décès, à condition que les primes aient continué d'être payées.

Assurance vie ou assurance vie hypothécaire?

L'assurance vie hypothécaire, aussi appelée assurance créance, est offerte par le prêteur qui finance l'achat de votre propriété. Le bénéficiaire est l'institution financière et l'indemnité correspond au solde hypothécaire restant. En cas de décès, la banque récupère son dû et vos proches conservent la maison.

En théorie, tout le monde y gagne. Mais une comparaison avec une assurance vie classique révèle des différences importantes.

 Assurance vie hypothécaire (prêteur)Assurance vie temporaire ou permanente
FinalitéRembourser le prêt hypothécaire et permettre aux proches de conserver le logement.Protéger les proches des conséquences financières du décès et leur laisser un héritage.
BénéficiaireL'institution financière uniquement. Les proches ne touchent aucune somme.Les personnes de votre choix.
DuréePrend fin au remboursement complet du prêt.Temporaire (durée déterminée) ou permanente (à vie).
Montant de l'indemnitéLimité au solde hypothécaire, qui diminue avec le temps.Fixé à la signature, il reste constant.
Évaluation de l'assurabilitéQuelques questions à la souscription. L'enquête sur l'état de santé a lieu au moment de la réclamationÉvaluation complète dès la souscription.
Versement garantiNon. Il dépend du résultat de l'enquête après le décès.Oui, dès la signature (selon les clauses du contrat).

Une différence importante concerne le versement de l'indemnité aux bénéficiaires : avec l'assurance vie hypothécaire, c'est la banque qui est remboursée et il ne reste aucun montant pour vos proches. Avec une assurance vie classique, ce sont eux qui reçoivent le plein montant. Ils peuvent décider de son usage, qu'il s'agisse de payer l'hypothèque, de remplacer un revenu ou autre chose.

Vous vous demandez si ce produit peut convenir à votre situation? Nous répondons aux sept questions les plus fréquentes sur l'assurance vie hypothécaire. Et si vous hésitez à accepter celle de votre banque, voici ce qu'il faut savoir avant de dire oui.

L’assurance invalidité

Un accident ou une maladie peut mener à une invalidité, temporaire ou permanente, du jour au lendemain. C'est un risque probable, mais l'un des moins bien couverts. Dans cette situation, un revenu de remplacement devient essentiel pour couvrir vos dépenses et vos dettes.

L'assurance invalidité, aussi appelée assurance salaire, est le produit conçu précisément pour ça. Elle remplace une partie de votre revenu lorsque vous perdez la capacité d'exercer votre emploi.

Lorsqu'une invalidité couverte survient, et une fois le délai de carence écoulé, vous percevez une rente d'invalidité mensuelle. Son montant représente généralement entre 60 et 85 % de votre revenu, selon les modalités de votre couverture.

L'invalidité : une définition qui change selon le contexte

Une invalidité désigne l'incapacité de travailler ou d'accomplir les tâches du quotidien, temporairement ou de façon permanente, pour des raisons physiques ou psychologiques.

Mais attention : la définition exacte varie d'un contrat à l'autre. La plupart des assureurs évaluent d'abord votre incapacité par rapport à votre profession habituelle. Après deux ans d'invalidité, plusieurs contrats basculent vers un critère plus sévère. C'est alors votre capacité à occuper tout emploi pour lequel vous êtes raisonnablement qualifié qui est prise en compte.

Une même personne peut donc être considérée invalide les deux premières années, puis ne plus l'être ensuite, sans que son état ait changé. Vérifiez toujours quelle définition s'applique et à partir de quand.

L'assurance invalidité peut vous soutenir dans votre quotidien et celui de vos proches

La durée et le type de contrat

Au Québec, l'assurance invalidité se décline en deux durées :

  • L'assurance invalidité de courte durée, dont les contrats couvrent une période maximale d'environ six mois ;
  • L'assurance invalidité de longue durée qui prend le relais lorsque l’assurance de courte durée arrive à son terme.

Ces assurances peuvent être souscrites sous trois types de contrats :

  • Résiliable : l'assureur peut modifier et augmenter la prime à sa guise, et refuser le renouvellement ou l'assortir de conditions. C'est le contrat le moins protecteur.
  • À renouvellement garanti : l’assureur est obligé de renouveler votre contrat, mais peut en modifier les conditions et augmenter la prime, révisée une fois par année.
  • Non résiliable avec garantie de renouvellement : l'assureur ne peut ni résilier la police ni augmenter les primes. Comme l'assureur assume plus de risques, ce contrat coûte plus cher et n'est pas offert à tous. C'est le plus protecteur.

L'assurance maladie et l'assurance médicaments

Cherchez-vous un moyen de réduire vos frais de santé? Au Québec, la couverture maladie repose sur deux piliers qui se complètent : le régime public, géré par la RAMQ, et les régimes privés, collectifs ou individuels. Voici comment ils s'articulent.

Ce que couvre (et ne couvre pas) le régime public

Avec la carte d'assurance maladie (la « carte soleil »), le régime public couvre l'essentiel des services médicaux fournis par un médecin généraliste ou spécialiste. En revanche, plusieurs frais courants restent à votre charge :

  • Les soins dentaires ;
  • Les soins de la vue ;
  • Les consultations de psychologues ;
  • Les médecines alternatives ;
  • La chirurgie esthétique ;
  • La podiatrie ;
  • Le matériel médical.

Ce sont précisément ces manques que les régimes privés viennent combler.

L’assurance médicaments : une obligation au Québec

Au Québec, être couvert par une assurance médicaments est obligatoire, qu'elle soit publique ou privée. Toute personne ayant accès à un régime privé (souvent par l'assurance collective de l'employeur) doit y adhérer. Les autres doivent être inscrits au régime public de la RAMQ.

Le régime public couvre les services en pharmacie et les médicaments sous ordonnance, moyennant votre participation financière, composée de trois éléments :

  • Une prime annuelle, calculée selon votre revenu et perçue avec votre déclaration de revenus;
  • Une franchise mensuelle (montant fixe mensuel que vous payez lors de vos premiers achats du mois) ;
  • Une coassurance, soit un pourcentage de la facture après déduction de la franchise.

Certaines personnes sont d'ailleurs couvertes gratuitement, notamment les enfants de moins de 18 ans et les prestataires d'une aide financière de dernier recours.

Les assurances privées prennent généralement en charge la franchise et la coassurance. Elles couvrent souvent un plus grand nombre de médicaments que le régime public.

Le régime privé collectif ou individuel

Toute assurance maladie privée doit, au minimum, couvrir les médicaments prévus par le régime public. Au-delà de cette base, les offres varient beaucoup et peuvent inclure des services que la RAMQ ne couvre pas : soins dentaires, soins de la vue, consultations de professionnels de la santé, et plus encore.

Un régime privé peut être offert sous la forme d'une assurance individuelle ou collective.

L'assurance collective, offerte par votre employeur ou celui de votre conjoint, comporte quelques particularités propres à la couverture santé :

  • Si vous êtes admissible, l'adhésion est généralement obligatoire. Vous devez y inscrire votre conjoint et vos enfants s'ils n'ont aucune autre couverture.
  • Elle n'exige habituellement pas d'examen médical préalable.
  • Les primes sont relativement élevées, mais l'employeur en paie une partie.
  • Les garanties dépassent celles du régime public.

L'assurance santé individuelle prend le relais quand le régime public ou la couverture de votre employeur ne suffisent pas à vos besoins. Elle est souvent soumise à un examen médical et à des critères d'admissibilité plus pointus, variables selon l'assureur. Elle se souscrit pour une année civile et les remboursements correspondent à un pourcentage des dépenses, jusqu'à un plafond annuel.

Guide des assurances de personnes: assurance maladie grave

L'assurance maladies graves

Perdre son revenu n'est pas la seule conséquence financière d'un problème de santé grave. Les traitements, les déplacements médicaux, l'aide à domicile et les adaptations coûtent cher, eux aussi.

L'assurance maladies graves est conçue pour absorber ces coûts. Elle verse à l'assuré une indemnité lorsqu'il reçoit le diagnostic d'une maladie couverte par son contrat. Cet argent peut servir à financer ses soins ou à compenser une perte de revenu.

Les caractéristiques clés de ce type de couverture sont les suivantes :

  • Le montant de la prestation offerte par les assureurs varie de 10 000 $ à 3 000 000 $, selon le contrat choisi.
  • Vous pouvez souscrire cette protection pour vous-même ou pour un proche.
  • L'indemnité est versée uniquement du vivant de l'assuré.
  • Elle prend souvent la forme d'un versement forfaitaire unique, mais un paiement mensuel peut être proposé en cas de soins de longue durée.

L'assuré doit généralement attendre 30 jours après le diagnostic pour que l'indemnité soit versée. Plusieurs contrats prévoient également un délai de carence propre au cancer, soit une période d'environ 90 jours suivant l'entrée en vigueur de la police. Si un cancer est diagnostiqué pendant cette période, la maladie est exclue de la couverture.

Quelles maladies sont couvertes? 

Seules les maladies inscrites à la liste de votre contrat donnent droit à l'indemnité. Pour toute autre maladie, même incurable, vous ne toucherez rien, et même les maladies couvertes peuvent comporter des exclusions.

Au Québec, la plupart des assureurs couvrent au minimum les maladies suivantes :

  • Les cancers ;
  • L’autisme ;
  • L’anémie aplasique ;
  • Les brûlures au 3e degré ;
  • La cécité ;
  • Les comas ;
  • Certains diabètes ;
  • Les dystrophies musculaires ;
  • Les fibroses kystiques ;
  • Les diagnostics VIH ;
  • Les accidents cardiovasculaires ;
  • Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) avec séquelles neurologiques ;
  • Les greffes d’organes vitaux ;
  • Les scléroses en plaques ;
  • La maladie d’Alzheimer ;
  • La maladie de Parkinson ;
  • Les infarctus du myocarde ;
  • Les pontages coronariens ;
  • Les méningites ;
  • Les paralysies motrices et cérébrales ;
  • La perte de la parole ;
  • La perte d’autonomie ;
  • La perte de membres ;
  • La surdité ;
  • Les remplacements des valves du cœur ;
  • Les tumeurs cérébrales bénignes.

L’assurance soins de longue durée

L'âge, un accident ou une maladie peuvent entraîner une perte d'autonomie et un besoin de soins prolongés, souvent coûteux et rarement couverts en totalité par les régimes publics. L'assurance soins de longue durée peut alors être utile. Elle verse une rente mensuelle qui compense la perte d'autonomie, tant que dure le besoin de soins.

Cette rente peut servir à plusieurs fins, telles que payer les soins eux-mêmes, rembourser une hypothèque ou couvrir les dépenses du quotidien. Les soins couverts peuvent être prodigués à domicile, en centre de jour pour adultes ou en résidence et établissement de soins de longue durée. Selon la protection choisie, les versements peuvent se poursuivre jusqu'à la fin de la vie de l'assuré.

Avant de souscrire ce type d'assurance, relisez vos contrats déjà en vigueur. Cette protection peut déjà être incluse dans une assurance collective, une assurance santé individuelle ou un contrat d'assurance invalidité.

Les assurances de personnes protègent votre famille

La fiscalité des assurances de personnes

Les assurances de personnes ont généralement un traitement fiscal favorable. Les règles précises varient selon le produit et selon qui paie la prime, mais quelques principes s'appliquent tout de même.

En assurance vie, l'indemnité versée aux bénéficiaires au décès est généralement non imposable. Vos proches reçoivent le plein montant prévu au contrat.

En assurance invalidité, le traitement dépend surtout de qui paie la prime.

  • Lorsque vous payez vous-même la prime d'une police individuelle, les prestations sont généralement non imposables.
  • Lorsque c'est votre employeur qui la paie dans un régime collectif, elles sont généralement imposables.

En assurance maladies graves et en soins de longue durée, l'indemnité ou la rente est le plus souvent versée libre d'impôt.

Enfin, certains frais liés à l'assurance médicaments peuvent donner droit à un allègement fiscal au moment de votre déclaration de revenus.

Quelle assurance pour votre situation?

Il n'existe pas de combinaison unique qui convienne à tous. La bonne protection dépend de vos responsabilités financières, de vos personnes à charge et de vos revenus. Un principe peut toutefois vous aider à prioriser : commencez par protéger ce dont d'autres dépendent, puis ce que vous devez, puis ce que vous voulez transmettre.

Concrètement :

  1. Protégez votre capacité à générer un revenu, surtout si des gens comptent sur ce revenu ou si vous êtes travailleur autonome.
  2. Protégez vos proches et couvrez vos dettes en cas de décès.
  3. Amortissez le coût d'une maladie grave ou d'une perte d'autonomie.
  4. Complétez votre couverture santé courante là où le régime public et votre employeur s'arrêtent.

Évidemment, il s'agit du point de départ pour votre réflexion, pas d'une règle absolue. Voici quelques exemples pour illustrer comment ces priorités peuvent s'appliquer.

Votre situationProtections à envisagerPourquoi
Jeune adulte sans personne à chargeAssurance invalidité, assurance maladie individuelle si pas de régime collectifVotre principal actif est votre capacité à travailler. Peu de gens dépendent de vous, donc le besoin d'assurance vie est souvent limité.
Couple sans enfants ni propriétéAssurance vie (couvrant l'hypothèque), assurance invaliditéSans revenu ni assurance du conjoint décédé, le survivant pourrait avoir du mal à assumer seul l'hypothèque. Une assurance vie permet de protéger le maintien dans la maison.
Travailleur autonome ou entrepreneurAssurance invalidité, assurance maladie individuelle, assurance maladies gravesSans régime collectif, vous n'avez aucun filet automatique. Tout repose sur vos protections personnelles.
Famille avec enfants et hypothèqueAssurance vie, assurance invaliditéDes proches dépendent de votre revenu et une dette importante est en jeu. C'est l'une des situations où le besoin de protection est le plus élevé.
Parent monoparentalAssurance vie, assurance invalidité, assurance maladies gravesVos enfants dépendent d'un seul revenu, sans second adulte pour prendre le relais. Protéger ce revenu et prévoir un capital en cas de décès sont des priorités.
Personne approchant de la retraiteAssurance permanente pour la planification successorale; soins de longue duréeLes enfants sont souvent autonomes et les dettes réduites. L'enjeu se déplace vers la transmission et le risque de perte d'autonomie.

Peu importe votre profil, vérifiez toujours ce que couvrent déjà vos régimes publics et collectifs pour éviter de payer en double.

Comment magasiner son contrat d’assurance?

Il existe autant de produits que d'assureurs, chacun avec ses particularités. Une fois vos besoins cernés, comparez les offres sur les bons critères plutôt que sur le prix seul.

Quatre éléments méritent une comparaison attentive :

  • Les garanties offertes et leur étendue ;
  • Les délais de carence et les exclusions ;
  • Le montant des primes ;
  • La fiabilité et la réputation de l'assureur.

Le prix le plus bas n'est pas nécessairement le meilleur choix. Ce coût moins élevé cache parfois un délai de carence plus long, des exclusions plus nombreuses ou des garanties moins généreuses. C'est la comparaison de l'ensemble qui compte.

Ce qui influence le montant de votre prime

Le coût d'une assurance de personnes varie beaucoup d'un individu à l'autre. Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • L'assureur et le produit choisis ;
  • Votre âge et votre sexe ;
  • Votre état de santé global ;
  • Votre lieu de résidence ;
  • Votre emploi ;
  • Vos habitudes de vie (tabac, alcool, activités à risque).

C'est justement pour cette raison qu'il vaut la peine de magasiner. Pour un même profil, deux assureurs peuvent proposer des primes différentes.

Guide assurance de personnes: faire appel à un courtier

Le courtier en assurance

Magasiner vos assurances par vous-même peut être complexe et chronophage. Bonne nouvelle : vous pouvez déléguer cette tâche à un courtier en assurance. Il agit comme intermédiaire entre vous et les différentes compagnies d'assurance.

Comme il travaille de façon indépendante, sans lien avec un assureur en particulier, le courtier peut vous offrir un regard impartial. Faire appel à lui présente plusieurs avantages :

  • Il compare pour vous les compagnies et les produits d’assurance ;
  • Il vous aide à choisir la protection la mieux adaptée à vos besoins ;
  • Il négocie le contrat à votre place ;
  • Il défend vos droits en cas de litige ;
  • Vous y gagnez en temps et en tranquillité d'esprit.

Autre avantage : le courtier est rémunéré par les compagnies d'assurance lorsqu'il leur trouve de nouveaux clients. Son service est donc gratuit pour vous

Bon à savoir :

Quel que soit le professionnel avec qui vous faites affaire, courtier ou compagnie, vérifiez toujours son inscription auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF). C'est votre meilleure protection contre les pratiques abusives ou frauduleuses.

Que faire en cas de refus d'indemnisation?

Vous avez déclaré un incident, mais votre assureur refuse de vous indemniser? C'est un droit dont il dispose, mais ce refus doit être justifié. Voici les motifs qu'il peut invoquer et les recours à votre disposition.

Les motifs qu'un assureur peut invoquer

Un assureur peut refuser de verser une indemnité pour plusieurs raisons, notamment :

  • Une exclusion prévue au contrat;
  • Le défaut de paiement des primes;
  • Une déclaration tardive du sinistre;
  • Une surévaluation du sinistre;
  • Le non-respect des conditions de garantie;
  • Une déclaration mensongère ou une omission au moment de la souscription.

La plupart de ces motifs se préviennent en amont. Il suffit de lire attentivement son contrat, payer ses primes à temps, déclarer un changement de situation rapidement et, surtout, être parfaitement honnête dans ses déclarations à la souscription.

Vos recours pour contester le refus

Si vous jugez le refus injustifié, vous pouvez le contester en réalisant quelques démarches, de la plus simple à la plus formelle.

  1. Discutez avec votre assureur. C'est la première chose à faire. Si vous êtes passé par un courtier, sollicitez-le pour vous aider à dénouer la situation.
  2. Faites une demande de recours à l'amiable. Adressez-vous au service des réclamations de votre compagnie et transmettez un exposé détaillé et argumenté de votre situation.
  3. Adressez-vous à l'Ombudsman des assurances de personnes (OAP). Cet organisme indépendant offre un service gratuit de règlement des différends propre à l'assurance vie et santé. Il peut examiner votre dossier et proposer une solution une fois les recours internes de votre assureur épuisés.
  4. Demandez l'aide de l'AMF. L'Autorité des marchés financiers traite aussi les plaintes des consommateurs et peut offrir des services pour gérer un différend avec votre assureur.
  5. En dernier recours, les tribunaux civils. Si rien n'aboutit, consultez un avocat, qui évaluera vos chances d'obtenir gain de cause devant un tribunal.

Ce qu’il faut retenir

L'assurance de personnes protège ce que vous avez de plus précieux : votre vie, votre santé et votre capacité à générer un revenu. Avant de souscrire, gardez en tête ces principes.

  • Partez de ce que l'État couvre déjà. Les régimes publics forment un premier filet, mais avec des trous importants. L'assurance privée sert à les combler.
  • Protégez d'abord votre revenu. L'invalidité est un risque plus fréquent qu'on ne le croit et souvent moins bien couvert que le décès. C'est fréquemment la première protection à considérer.
  • Cumulez selon vos besoins réels. Chaque produit répond à un risque précis. Vous pouvez les combiner, mais évaluez votre situation avant plutôt que de multiplier les protections au hasard.
  • Vérifiez vos couvertures existantes. Avant de souscrire un nouveau produit, assurez-vous de ne pas être déjà protégé par un contrat collectif ou individuel, pour ne pas payer en double.
  • Lisez le contrat en entier. Les délais de carence, les exclusions et les clauses particulières font toute la différence le jour d'une réclamation.
  • Faites affaire avec un professionnel inscrit à l'AMF. Un courtier compare les offres gratuitement et défend vos intérêts. Vérifiez toujours son inscription avant de vous engager.

Vous cherchez un expert en assurances?

Habitam.ca peut vous aider dans vos démarches pour trouver un courtier en assurances. En nous parlant de votre projet, nous vous mettrons gratuitement en relation avec les personnes-ressources adéquates. Vous n’avez qu’à remplir notre formulaire (en quelques minutes seulement) et vous pourrez être mis en contact avec des experts.

FAQ — Assurances de personnes