15 juillet 20268 min

Gestion d'immeuble locatif : 7 erreurs à éviter

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Katarina LacosteKatarina Lacoste
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Gestion d'immeuble locatif : 7 erreurs à éviter

Bien géré, un immeuble locatif est un actif rentable. Mais sa gestion comporte plusieurs pièges et certains coûtent cher à ceux qui les découvrent trop tard. Au Québec, la plupart de ces problèmes découlent d’un nombre limité d’erreurs récurrentes : un locataire choisi à la hâte, un avis envoyé hors délai ou une assurance mal adaptée.

Chacune de ces erreurs peut coûter cher, en argent comme en temps, et gruger la rentabilité de l’immeuble. La bonne nouvelle, c’est qu’elles s’évitent presque toutes avec quelques réflexes simples. Voici les sept les plus fréquentes.

En bref

  • Vérifier le dossier de crédit, les références et l’emploi d’un locataire est la meilleure protection contre les pertes, car au Québec les recours pour non-paiement sont longs.
  • Le bail du Tribunal administratif du logement (TAL) est obligatoire pour tout logement résidentiel au Québec et protège les recours du propriétaire.
  • Plusieurs démarches locatives ont des délais légaux stricts : en manquer un peut faire perdre un recours fondé.
  • Un immeuble locatif exige une assurance propriétaire non-occupant à jour, plus une clause d’assurance au bail pour le locataire.
  • Une gestion fiscale rigoureuse et un entretien préventif protègent la rentabilité, et déléguer devient pertinent dès que la charge augmente.

couple

1. Choisir un locataire sans faire de vérifications

En gestion locative, la première source de pertes financières au Québec est presque toujours la même : un locataire choisi sans vérifications préalables. Comme se départir d’un mauvais locataire peut prendre des mois une fois le bail signé, c’est vraiment au moment de la sélection que tout se joue.

Quatre vérifications suffisent à distinguer un locataire fiable d’un dossier à problèmes :

  • Le dossier de crédit, obtenu avec son consentement écrit, qui révèle ses habitudes de paiements et sa situation financière.
  • La référence de son employeur qui confirme la régularité de ses revenus.
  • Les références de ses anciens propriétaires.
  • La stabilité d’emploi sur les vingt-quatre derniers mois.

Le piège se présente surtout quand un logement reste vacant depuis quelques semaines et que la pression financière monte : on accepte le premier venu pour arrêter les pertes. Pourtant, un mois de loyer perdu coûte presque toujours moins cher qu’une année entière à gérer un locataire problématique.

2. Gérer son immeuble avec des documents non conformes

Une bonne gestion immobilière repose sur des documents solides. Au Québec, tout logement locatif résidentiel doit obligatoirement utiliser le bail du Tribunal administratif du logement (TAL) : c’est le seul formulaire reconnu.

Le même réflexe s’applique bien au-delà du bail. Avis de modification, avis de reprise ou d’éviction, entente de paiement écrite : chacun de ces documents répond à des règles strictes de forme et de délai, et un simple oubli peut le rendre invalide.

La logique est simple : un document conforme protège autant le locataire que le propriétaire. À l’inverse, un document maison risque de rendre certaines clauses nulles et d’affaiblir les recours en cas de litige, même lorsque le propriétaire est parfaitement dans son droit.

Homme avec document

3. Manquer un délai légal

Le non-respect des délais légaux est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse des propriétaires devant le TAL. La gestion d’un immeuble locatif est rythmée par des échéances précises et en manquer une seule peut suffire à faire perdre un recours pourtant fondé.

Plusieurs démarches courantes sont encadrées par un délai strict :

  • Entrer dans le logement ou le faire visiter en vue de le relouer ;
  • Modifier le bail, qu’il s’agisse du loyer ou des conditions ;
  • Reprendre le logement ou évincer un locataire ;
  • Répondre à une demande de sous-location ou de cession de bail ;
  • Déposer une demande au TAL en cas de non-paiement.

Dans chacun de ces cas, le délai n’a rien d’une formalité : un avis transmis trop tard perd toute valeur et le propriétaire n’a souvent d’autre choix que de reprendre la démarche depuis le début.

4. Mal assurer son immeuble locatif

Une assurance habitation standard ne suffit pas pour un immeuble locatif. Il faut plutôt une assurance propriétaire non-occupant, adaptée au nombre d’unité, qui couvre à la fois la responsabilité civile et la perte de revenus locatifs. C’est la base d’une protection à la hauteur du risque réel.

Être bien assuré ne s’arrête toutefois pas à la signature de la police. Beaucoup de propriétaires souscrivent une bonne couverture au départ puis la reconduisent d’année en année sans la réviser, alors que l’immeuble, lui, ne cesse d’évoluer.

Une rénovation, un agrandissement, un logement aménagé au sous-sol ou un changement d’usage modifient le risque. Dans la plupart des cas, une police qui ne reflète plus la réalité de l’immeuble peut mener à une indemnité réduite ou un refus au moment d’une réclamation.

Et l’assurance du locataire ?

Au Québec, un locataire n’est pas tenu à souscrire une assurance habitation. Beaucoup de propriétaires exigent malgré tout une preuve d’assurance ou ajoutent une clause au bail. Sans cette protection, un dégât d’eau dû à la négligence du locataire, comme un bain qui déborde ou un appareil mal entretenu, peut engager la responsabilité personnelle du propriétaire ou de son assureur, qui haussera ensuite la prime.

homme avec calculatrice

5. Mal gérer ses revenus locatifs

Au Québec, la gestion fiscale de revenus locatifs est plus complexe qu’il n’y paraît. Une mauvaise gestion financière, qu’il s’agisse de dépenses mal classées, de déductions oubliées ou de reçus non conservés, peut vite entraîner des complications, voire un redressement lors d’une vérification fiscale.

Quatre erreurs reviennent souvent et méritent une attention particulière :

  • Confondre des types de dépenses soumis à des règles fiscales différentes, ce qui peut fausser votre déclaration.
  • Oublier de déclarer des frais déductibles, comme les intérêts hypothécaires ou les frais de gestion, et payer plus d’impôt que nécessaire.
  • Mélanger les dépenses de plusieurs immeubles ce qui complique la justification de chaque montant en cas de vérification.
  • Profiter de certaines déductions sans savoir qu’elles peuvent alourdir l’impôt à pater au moment de vendre l’immeuble.

Pour un propriétaire qui possède plus d’un immeuble, faire appel à un comptable ou à un fiscaliste qui connaît le marché immobilier québécois devient souvent l’investissement le plus rentable.

6. Négliger l’entretien préventif

Un immeuble locatif est avant tout un actif et un actif qu’on n’entretient pas finit par perdre de la valeur. Reporter les travaux peut sembler économique sur le moment, mais un entretien négligé finit presque toujours par coûter plus cher que s’il avait été fait à temps.

Au Québec, où le climat met les bâtiments à rude épreuve, un bon entretien préventif repose sur quelques réflexes simples :

  • Inspecter périodiquement les principales composantes, comme la toiture, la plomberie, le chauffage et la structure, pour repérer l’usure avant qu’elle ne fasse des dégâts.
  • Réparer les petits problèmes sans attendre avant qu’une fuite ou une fissure anodine ne se transforme en facture salée.
  • Mettre de côté une réserve pour l’entretien et les imprévus, afin de ne pas réagir dans l’urgence au moindre pépin.
  • Voir à l’entretien saisonnier d’une année à l’autre : le gazon et l’aménagement paysager l’été, les gouttières à l’automne, le déneigement et le déglaçage l’hiver.

Le propriétaire n’a d’ailleurs pas seulement intérêt à entretenir son immeuble, il y est tenu. Selon l’article 1910 du Code civil du Québec, « le propriétaire est tenu de délivrer un logement en bon état d’habitabilité et de le maintenir dans cet état pendant toute la durée du bail. », ce qui suppose un entretien continu.

poignée de main

7. Vouloir tout gérer seul trop longtemps

Gérer soi-même son immeuble locatif est viable jusqu’à un certain point. Il arrive un moment où le nombre d’unités ou la complexité des dossiers fait pencher la balance vers un service de gestion. Passé ce seuil, le temps qu’on y consacre finit par dépasser ce qu’on croyait économiser.

Voici quatre signaux qui indiquent qu’on l’a franchi :

  • Le temps manque. La gestion empiète sur vos soirées, vos fins de semaine et vos vacances, au point de peser sur votre vie personnelle.
  • Les dossiers se complexifient. Un litige sérieux devant le TAL ou des questions de droits dépassent vos connaissances et vous laissent sans réponses claires.
  • Le portefeuille grandit. L’achat d’un nouveau plex ou un immeuble reçu en héritage alourdit une charge déjà bien remplie.
  • Les immeubles sont éloignés. La distance vous empêche d’intervenir rapidement quand survient une urgence.

Au-delà du temps gagné, déléguer la gestion apporte une vraie valeur d’expertise. Un bon gestionnaire ne se contente pas de réduire le risque d’erreur coûteuse : il maîtrise les délais et les obligations et sait optimiser la gestion pour tirer le meilleur rendement de l’immeuble.

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