Vous avez un rendez-vous avec un inspecteur en bâtiment? Que ce soit pour une inspection prévente ou parce qu'un acheteur a fait une offre conditionnelle à l'inspection, sa venue signifie que votre maison sera examinée de haut en bas, du toit aux fondations. Chaque défaut qu'il inscrira dans son rapport peut devenir un argument de négociation pour l'acheteur, jouant ainsi contre vous.
Mais pas de panique ! Bien qu’il soit tout à fait normal de se sentir nerveux, il existe de nombreuses astuces pour s’assurer du bon déroulement de l’inspection. En effectuant quelques petits gestes préventifs, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour obtenir un rapport d’inspection le plus positif possible.
Voici dix choses à faire avant la visite de l'inspecteur.
En bref
- Votre préparation ne change pas l'état de votre maison, mais elle évite que des défauts mineurs et des zones inaccessibles s'accumulent au rapport.
- Le geste le plus important est de dégager l'accès. Une zone que l'inspecteur ne peut pas examiner sera notée comme telle et risque d'inquiéter les acheteurs.
- La plupart des gestes à effectuer prennent quelques minutes : changer les ampoules, vérifier les charnières, nettoyer les filtres, étiqueter le panneau électrique.
- Le jour même, maintenez les portes déverrouillées et les animaux à l'écart.
Préparer ne veut pas dire « cacher »
Avant de commencer, il est essentiel de mettre un point au clair : préparer sa maison pour l'inspection ne consiste pas à dissimuler ses défauts. Un problème important que vous connaissez doit se retrouver dans votre déclaration du vendeur, que l'inspecteur le repère ou non. Un défaut connu et non déclaré vous expose d'ailleurs à un recours après la vente.
Ce que vous pouvez légitimement faire, c'est corriger ce qui peut l'être et donner à l'inspecteur les moyens de bien travailler. C'est exactement l'objet de cet article.
L'accès : une priorité pour l'inspection
Lorsqu'un inspecteur ne peut pas accéder à une zone, il inscrit directement cette information dans le rapport. Un entretoit encombré, un vide sanitaire bloqué ou un panneau électrique inaccessible derrière des boites vous obtiendra une mention « zone non inspectée ».
Une telle mention peut inquiéter davantage les acheteurs qu'un défaut mineur clairement identifié, car il touche l'inconnu. Un défaut a un coût qu'on peut estimer. Une zone non inspectée laisse toute la place à l'imagination, et un acheteur prudent pourrait imaginer le pire.

10 choses à faire avant la visite de l'inspecteur
Les trois premiers points valent à eux seuls la moitié du résultat. Les sept autres sont des correctifs de quelques minutes, à faire dans l'ordre qui vous convient.
1. Dégagez l'accès à toutes les zones à examiner
Pour permettre à l'inspecteur de réaliser son travail dans les meilleures conditions, dégagez l'accès à toutes les zones de votre maison. L'inspecteur doit pouvoir atteindre l'entretoit, le vide sanitaire, le sous-sol, le panneau électrique, le chauffe-eau, la fournaise et les armoires sous les éviers.
À l'intérieur, retirez ce qui bloque le passage : boites empilées, meuble placé devant un panneau, rangement improvisé dans l'entretoit. À l'extérieur, dégagez le pourtour du bâtiment, les descentes de gouttière, l'accès au compteur et aux prises extérieures. Taillez les plantes qui touchent au revêtement ou qui masquent le bas des murs.
Ce ménage vous permettra d'éviter les mentions de zones non inspectées. En plus, vous pourriez vous-même découvrir des défauts dont vous ignoriez l'existence et les corriger avant la visite.
2. Rendez les composantes visibles et identifiables
L'inspecteur travaille plus vite et plus complètement quand il voit ce qu'il examine. Retirez donc les couvercles décoratifs, dégagez les grilles de ventilation et déverrouillez ce qui est cadenassé.
Vous pouvez également laisser à vue certains documents utiles, tels que des factures de travaux récents, des certificats de ramonage, des garanties d'un toit ou d'une fournaise remplacés. Ces documents ne font pas partie de l'inspection, mais ils prouvent l'entretien et peuvent répondre d'avance à certaines questions qui pourraient émerger lors de la visite.
3. Réglez les petits défauts que vous avez appris à tolérer
Parce que vous y vivez au quotidien, vous êtes la personne qui connait le plus les petits défauts de votre maison.
Le calfeutrage de la fenêtre du salon, le robinet qui ferme mal, la poignée qui tourne dans le vide : lorsqu'on côtoie un défaut tous les jours, on apprend à vivre avec au lieu de le corriger. L'inspecteur, par contre, les notera à son rapport.
Individuellement, aucun de ces points ne fait échouer une vente. Mais lorsqu'ils s'accumulent, ils peuvent donner l'impression d'une maison négligée. C'est précisément cette impression qui peut coûter cher lors de vos négociations.
4. Remplacez les ampoules grillées
Une ampoule qui ne s'allume pas est banale pour vous. Pour l'inspecteur, c'est une anomalie électrique possible. Il doit soit vérifier, soit noter qu'il n'a pas pu tirer de conclusions.
Prenez quelques minutes pour faire le tour de votre maison et remplacer les ampoules qui ne fonctionnent plus. C'est rapide, peu dispendieux, et ça retire immédiatement une mention au rapport.
Vérifiez aussi les luminaires extérieurs, ceux du sous-sol et ceux des garde-robes, qu'on oublie facilement.

5. Vérifiez les portes et les armoires
Faites le tour des portes intérieures, extérieures et d'armoires, y compris celles que vous utilisez rarement.
Les poignées doivent être solides et les serrures doivent être fonctionnelles, en particulier sur les portes extérieures. Les portes devraient s'ouvrir, se fermer et se verrouiller sans forcer. Une porte qui coince peut être un simple ajustement ou le signe d'un mouvement de structure. S'il doute, l'inspecteur devra le noter dans son rapport.
Pour les armoires, vérifiez les charnières, qui se desserrent avec le temps. Un tournevis suffit la plupart du temps.
6. Assurez-vous que les toilettes fonctionnent bien
Une chasse d'eau qui continue de couler est un défaut que l'inspecteur relèvera systématiquement, parce qu'il relève de la plomberie et qu'il gaspille de l'eau.
La cause est presque toujours le clapet ou la chaîne du réservoir. C'est une réparation de quelques dollars à la quincaillerie. Profitez-en pour vérifier la stabilité de la cuvette et l'absence de trace d'eau à sa base.
7. Changez le filtre de votre système de ventilation
Un filtre encrassé est facilement repérable et il en dit long sur l'entretien du système. Le remplacer coûte peu et vous évite une remarque sur la ventilation, un poste que les acheteurs surveillent, puisque la qualité de l'air intérieur est un sujet courant. C'est d'ailleurs une bonne habitude à conserver pour assurer le bon fonctionnement du système.
Si vous avez un échangeur d'air, nettoyez aussi ses filtres et notez la date du dernier entretien.
8. Étiquetez correctement votre panneau électrique
Un panneau mal identifié oblige l'inspecteur à tester à l'aveugle, ce qui ralentit son travail et peut se traduire par une mention au rapport. Vérifiez donc que chaque disjoncteur est identifié et que les étiquettes sont exactes et lisibles. Corrigez celles qui sont fausses et complétez celles qui manquent. Assurez-vous aussi que le panneau est dégagé et que sa porte s'ouvre complètement.
9. Réglez les problèmes d'insectes
Il est tout à fait normal d’observer quelques insectes faire leur apparition à l’intérieur de la maison, en particulier lorsque la température se réchauffe. Il ne faut toutefois pas qu’il s’agisse d’un problème récurrent ou important.
Une colonie de fourmis récurrente dans la cuisine ou un nid de guêpes sous le débord de toit doit être traité. Occupez-vous en avant la visite. Au-delà de l'effet sur le rapport, certains insectes signalent un problème plus profond : les fourmis charpentières, par exemple, sont attirées par le bois humide. Leur présence conduira l'inspecteur à chercher la source d'humidité.

10. Préparez le toit et les gouttières
Le toit reçoit une attention particulière lors de toute inspection, car c'est l'un des postes les plus coûteux d'une propriété.
Nettoyez les gouttières et retirez les débris accumulés. Depuis le sol, regardez si des bardeaux sont soulevés, fendus ou manquants, si les solins semblent en place et si la ligne du toit est droite.
Si quelque chose vous semble anormal, faites venir un couvreur avant l'inspection plutôt que d'attendre de voir des bardeaux endommagés apparaître au rapport.
Ce que vous ne pouvez pas préparer
Il faut être réaliste : certains constats vont sortir au rapport quoi que vous fassiez. C'est notamment le cas des points suivants.
- L'âge des composantes. Un toit de 22 ans, une fournaise de 25 ans ou un chauffe-eau de 12 ans seront signalés comme étant en fin de vie utile, même s'ils fonctionnent parfaitement le jour de la visite.
- La non-conformité aux normes actuelles. Un garde-corps trop bas ou une hauteur de contremarche irrégulière, même s'ils sont conformes de leur époque, seront notés par l'inspecteur.
- Les problèmes structuraux et l'humidité chronique. Une fissure active, une trace d'infiltration au sous-sol ou un affaissement ne se camouflent pas. Tenter de les masquer avec de la peinture fraîche est le pire choix possible.
- La présence de matériaux problématiques. Vermiculite dans l'entretoit, pyrite sous la dalle, amiante : ce sont des constats de fait.
Pour chaque problème relevé au rapport d'inspection, trois options s'offrent à vous : corriger, déclarer, ou ajuster votre prix en conséquence.
Le jour de l’inspection
Quelques gestes doivent être effectués le matin même de la visite.
D'abord, laissez les services publics en fonction : électricité, gaz, eau. Un inspecteur ne peut pas tester une fournaise ou un chauffe-eau hors service et il notera qu'il n'a pas pu le faire.
Ensuite, déverrouillez tout ce qui est habituellement fermé : cabanon, garage, chambre inutilisée, accès à l'entretoit. Laissez les clés nécessaires à portée de main.
Si vous avez des animaux, faites-les garder ou installez-les dans une pièce que l'inspecteur aura déjà pu examiner.
Prévoyez de deux à trois heures et décidez à l'avance si vous restez ou non. Rester vous permet de répondre aux questions sur l'historique des travaux et d'assister en direct aux observations de l'inspecteur, mais attention à ne pas déranger son travail.
Enfin, gardez le sens des proportions. Les acheteurs ne s'attendent pas à un rapport d'inspection parfait : aucune maison ne l'est. Ce qu'ils veulent savoir, c'est avant tout la présence ou l'absence de problème majeur.
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