Acheter une propriété est devenu un défi pour bien des ménages québécois, mais l’écart entre les régions reste immense. Alors que la médiane provinciale atteint 523 750 $ pour une unifamiliale, plusieurs municipalités affichent encore des prix inférieurs à la moitié de ce montant. Le budget n’est évidemment pas le seul critère pour choisir où habiter, mais c’est souvent lui qui détermine la liste des villes envisageables.
Après notre article sur les 10 villes les plus chères au Québec, celui-ci présente le classement des municipalités les plus abordables de la province en 2026.
*Les prix médians présentés dans cet article proviennent des statistiques immobilières de Centris pour le 2e trimestre 2026 et portent sur les propriétés unifamiliales.
En bref
- La Tuque est la municipalité la plus abordable du Québec parmi les marchés actifs, avec un prix médian de 244 000 $.
- Quatre des dix villes du classement permettent encore d’acheter sous la barre des 300 000 $.
- Saint-Calixte, dans Lanaudière, est la municipalité la moins chère de la grande région de Montréal à 332 000 $.
- Les régions ressources dominent le palmarès, mais Lanaudière et les Laurentides y placent chacune une municipalité.
- La mise de fonds minimale demeure de 5 % dans toutes ces villes, soit moins de 17 250 $ même pour la plus chère du classement.
Pourquoi certaines municipalités n’apparaissent-elles pas au classement ?
Avant d’entrer dans le palmarès, une précision s’impose. Centris ne publie un prix médian que lorsque le nombre de transactions est suffisant pour produire une statistique fiable. Quelques petites municipalités affichent donc des prix plus bas, mais sur des échantillons trop minces pour un seul trimestre.
Le palmarès qui suit retient donc les marchés actifs. La nuance compte pour un acheteur : un prix très bas dans une municipalité où deux ou trois maisons se vendent par année n’offre pas de réelles possibilités d’achat.

Photo : Wikimedia Commons (Fralambert)
1. La Tuque
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 244 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 12 200 $
- Région : Mauricie, agglomération de La Tuque
- Nombre d’habitants (2021) : 11 129
La Tuque est la municipalité la plus abordable du Québec parmi les marchés actifs. Son prix médian équivaut à moins de la moitié de la médiane provinciale, un écart qui tient d’abord à la géographie : la ville se trouve en Haute-Mauricie, à environ deux heures au nord de Trois-Rivières, loin des grands pôles d’emploi.
L’agglomération de La Tuque est la plus vaste du Québec en superficie, avec des milliers de lacs et de rivières qui en font une destination reconnue pour la chasse, la pêche et le plein air. Le Saint-Maurice traverse la ville natale de Félix Leclerc et a façonné autant son paysage que son économie, encore appuyée sur la forêt et l’hydroélectricité.
Le marché demeure toutefois modeste, avec environ 95 ventes d’unifamiliales par année. Un acheteur doit donc s’attendre à un choix limité et à un certain délai avant de trouver la propriété recherchée.
Photo : Wikimedia Commons (LHOON)
2. Thetford Mines
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 245 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 12 250 $
- Région : Chaudière-Appalaches, MRC des Appalaches
- Nombre d’habitants (2021) : 26 072
Thetford Mines a bâti son identité autour de l’exploitation de l’amiante, une industrie qui a façonné son territoire autant que son développement. Depuis la fin de cette activité, la ville s’est engagée dans une reconversion appuyée sur un secteur manufacturier diversifié et sur la mise en valeur de son patrimoine minier.
Implantée au pied des Appalaches, la municipalité bénéficie d’un environnement marqué par les collines, les lacs et de vastes territoires forestiers. Ses paysages miniers, uniques au Québec, alimentent par ailleurs un tourisme de découverte en croissance.
Avec 235 ventes d’unifamiliales sur douze mois, Thetford Mines affiche un marché beaucoup plus actif que La Tuque, pour un prix médian presque identique. Un acheteur y dispose donc d’un choix réel de propriétés, ce qui n’est pas le cas partout dans le bas du classement.

Photo : Wikimedia Commons (abdallah)
3. Baie-Comeau
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 265 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 13 250 $
- Région : Côte-Nord, MRC de Manicouagan
- Nombre d’habitants (2021) : 20 687
Baie-Comeau figure année après année parmi les villes les plus abordables de la province. Développée au 20e siècle autour de l’industrie papetière, puis de l’aluminium, elle conserve une base industrielle qui structure encore son économie.
La ville sert de porte d’entrée vers le complexe hydroélectrique Manic-Outardes, dont le barrage Daniel-Johnson demeure l’un des attraits les plus visités de la Côte-Nord. Bordée par un fleuve large de plusieurs dizaines de kilomètres à cette hauteur, elle permet aussi l’observation des mammifères marins.
Baie-Comeau offre des services complets pour une ville de sa taille, dont un cégep, un centre hospitalier et un traversier vers Matane. Avec 173 ventes d’unifamiliales sur douze mois, son marché reste assez actif pour offrir un véritable choix aux acheteurs.

Photo : Wikimedia Commons (Marc-Lautenbacher)
4. Saint-Georges
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 299 450 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 14 973 $
- Région : Chaudière-Appalaches, MRC de Beauce-Sartigan
- Nombre d’habitants (2021) : 32 935
Saint-Georges est la dernière ville du classement à passer sous la barre des 300 000 $, et la deuxième plus peuplée après Shawinigan. Capitale économique de la Beauce, elle s’est développée le long de la rivière Chaudière autour d’un tissu manufacturier dense et d’une culture entrepreneuriale reconnue dans toute la province.
Cette vitalité se traduit par un marché de l’emploi soutenu et un taux de chômage historiquement bas, une caractéristique qui distingue Saint-Georges des autres villes de ce palmarès. On y trouve un centre-ville actif, un cégep et une offre de services comparable à celle de municipalités beaucoup plus grandes.
Avec 243 ventes d’unifamiliales sur douze mois, son marché immobilier est l’un des plus dynamiques du classement. Pouvoir acheter sous les 300 000 $ dans une ville où l’emploi est abondant en fait une option sérieuse pour un premier achat.

Photo : Wikimedia Commons (Sylvain Perron)
5. Shawinigan
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 318 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 15 900 $
- Région : Mauricie
- Nombre d’habitants (2021) : 49 620
Shawinigan affiche le marché le plus actif du classement, avec 446 ventes d’unifamiliales sur douze mois. Ce volume, plus du quadruple de celui de La Tuque, rend sa médiane particulièrement fiable et témoigne d’une offre abondante.
Née de l’hydroélectricité au début du 20e siècle, la ville a connu un important virage économique après la fermeture de plusieurs de ses grandes usines. Elle mise aujourd’hui sur le tourisme, les technologies et la qualité de vie, avec la Cité de l’énergie comme emblème de cette reconversion.
La proximité du parc national de la Mauricie constitue un atout majeur, avec ses lacs, ses sentiers et ses activités quatre saisons. Située à environ une heure et demie de Montréal comme de Québec, Shawinigan offre un accès raisonnable aux deux grands centres tout en conservant des prix nettement inférieurs.

Photo : Wikimedia Commons (Johny-le-cowboy)
6. Alma
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 318 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 15 900 $
- Région : Saguenay/Lac-Saint-Jean, MRC de Lac-Saint-Jean-Est
- Nombre d’habitants (2021) : 30 331
Alma affiche exactement le même prix médian que Shawinigan au 2e trimestre 2026. Elle se classe sixième parce que sa médiane sur douze mois est plus élevée, 313 000 $ contre 302 187 $, et parce que son volume de transactions est deux fois plus faible.
Située à la sortie du lac Saint-Jean, là où naît la rivière Saguenay, la ville occupe une position géographique remarquable et s’est développée en partie sur une île. Son économie repose sur l’aluminium, la forêt et l’agriculture, avec une aluminerie qui demeure l’un des principaux employeurs de la région.
Alma joue aussi un rôle de pôle de services pour l’est du Lac-Saint-Jean, avec un cégep, un hôpital et un centre-ville actif. La Véloroute des Bleuets, qui fait le tour du lac sur plus de 250 kilomètres, passe directement par la ville et compte parmi ses attraits les plus connus.

Photo : Wikimedia Commons (Kev22)
7. Sept-Îles
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 320 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 16 000 $
- Région : Côte-Nord, MRC de Sept-Rivières
- Nombre d’habitants (2021) : 24 569
Sept-Îles est le principal centre urbain de la Côte-Nord et l’un des ports les plus importants du Canada en tonnage, grâce au transbordement du minerai de fer provenant de la fosse du Labrador. Cette activité industrielle soutient une économie locale solide, ce qui rend son niveau de prix d’autant plus notable.
La ville tire son nom de l’archipel qui protège sa baie, un ensemble d’îles accessibles en excursion et reconnu pour ses colonies d’oiseaux marins. Son littoral offre par ailleurs de longues plages de sable, une rareté à cette latitude.
Sept-Îles est aussi le point de départ de la route 138 vers l’est de la Côte-Nord et du train vers Schefferville, municipalité qu’aucune route ne relie au reste du Québec. Avec 237 ventes d’unifamiliales sur douze mois, son marché demeure bien approvisionné.

Photo : Wikimedia Commons (Picturelover)
8. Saint-Calixte
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 332 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 16 600 $
- Région : Lanaudière, MRC de Montcalm
- Nombre d’habitants (2021) : 6 792
Saint-Calixte est la seule municipalité de ce classement située dans la grande région de Montréal, et c’est ce qui en fait la plus intéressante pour bien des acheteurs. À moins d’une heure de Laval par la route 335, elle affiche un prix médian inférieur de près de 192 000 $ à la médiane provinciale.
Le territoire est parsemé de lacs et de forêts, et la municipalité s’est développée à l’origine comme lieu de villégiature. Une part importante de son parc immobilier provient de chalets convertis en résidences permanentes au fil des décennies. Les acheteurs doivent donc porter une attention particulière à l’état des fondations, de l’isolation et des installations septiques.
La croissance de Saint-Calixte est directement liée à la hausse des prix dans la couronne nord. Des ménages qui visaient Blainville, Mascouche ou Terrebonne se tournent vers des municipalités plus éloignées, où le budget permet encore d’acheter une maison avec terrain. Avec 187 ventes d’unifamiliales sur douze mois pour moins de 7 000 habitants, le marché y est nettement plus actif que la taille de la population le laisserait croire.

Photo : Wikimedia Commons (Quintin Soloviev)
9. Rivière-du-Loup
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 335 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 16 750 $
- Région : Bas-Saint-Laurent, MRC de Rivière-du-Loup
- Nombre d’habitants (2021) : 20 118
Rivière-du-Loup occupe une position stratégique dans l’est du Québec, au point de rencontre de l’autoroute 20 et de la route 185 qui mène vers le Nouveau-Brunswick. La ville sert de pôle de services pour une large portion du Bas-Saint-Laurent, avec un cégep, un centre hospitalier et un secteur commercial développé.
Bordée par le fleuve, elle est reconnue pour ses couchers de soleil et pour son traversier qui la relie à Saint-Siméon, dans Charlevoix. Les chutes de la rivière du Loup, en plein cœur du territoire urbanisé, constituent un attrait naturel inhabituel à cette échelle.
Le marché immobilier y est stable, avec 140 ventes d’unifamiliales sur douze mois. Pour un ménage qui cherche une ville de taille moyenne dotée de services complets, Rivière-du-Loup offre l’un des meilleurs rapports entre prix et qualité de vie du classement.

Photo : Wikimedia Commons (Hayden Soloviev)
10. Mont-Laurier
- Prix médian d’une unifamiliale (2e trimestre 2026) : 345 000 $
- Mise de fonds minimale (5 %) : 17 250 $
- Région : Laurentides, MRC d’Antoine-Labelle
- Nombre d’habitants (2021) : 14 180
Mont-Laurier ferme le classement sur un contraste frappant. Dans la même région administrative que Rosemère, Blainville et Lorraine, où les prix dépassent 780 000 $, on peut encore y acheter une maison à 345 000 $. La distance explique l’essentiel de l’écart, la ville se trouvant à environ deux heures et demie de Montréal.
Capitale des Hautes-Laurentides, Mont-Laurier joue un rôle de pôle de services pour un vaste territoire forestier et agricole. La rivière du Lièvre la traverse, et le parc linéaire Le P’tit Train du Nord, qui s’étire sur plus de 200 kilomètres jusqu’à Saint-Jérôme, y trouve son terminus nord.
La région attire de plus en plus de ménages en télétravail et d’acheteurs de résidences secondaires, un mouvement accéléré depuis 2020. Avec 117 ventes d’unifamiliales sur douze mois, le marché demeure toutefois modeste, et les propriétés bien situées trouvent preneur rapidement.
Pourquoi le prix médian plutôt que le prix moyen ?
Les prix présentés dans cet article reposent sur le prix médian des propriétés vendues, et non sur le prix moyen. Ce choix permet d’obtenir une image plus représentative de la réalité du marché immobilier.
Le prix médian correspond à la valeur qui sépare les transactions en deux parts égales : la moitié des ventes s’effectue à un prix inférieur, tandis que l’autre moitié se conclut à un prix supérieur. À l’inverse, le prix moyen peut être influencé par quelques transactions exceptionnellement élevées, ce qui tend à fausser la perception générale des prix.
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